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benoit piéron

Le lit
2011
impression sur soie et matériaux divers, 
210 x 175 x 230 cm
réalisé dans le cadre du programme de résidence de la Fondation d’entreprise Hermès
Photo : Marc Domage © Fondation d’entreprise Hermès.
Le bivouac
2008
installation, 
200 x 500 x 500 cm
Photo Marie-Sybille Lainé
La cabane
2007
installation
250 x 303 x 250 cm
Papier-peint
2012

rouleau de 10 mètres
Note

« […] Le travail de Benoît Piéron est depuis longtemps marqué par la question de l’habitat, un habitat rudimentaire, provisoire, mais reflétant un besoin proprement humain, et peut-être plus qu’un besoin, une nécessité. Ses dernières œuvres consistent dans une série de papiers peints qu’il a lui-même créés. L’artiste assigne à ce matériau un caractère de nécessité, ce qui peut paraitre étrange puisque la seule fin en est la décoration. On a tendance, en effet, à considérer la décoration comme étant d’importance secondaire, comparé au besoin de s’abriter et d’avoir tout simplement un « toit ». Dans toutes les œuvres de Benoît Piéron l’ornement est au contraire aussi essentiel que la structure qui l’accueille, ce qu’il exprime par ce commentaire provoqué par la façade de la maison des éditeurs à Madrid * :
« Ici, en péninsule Ibérique, j’ai le sentiment que l’ornement ne fait qu’un avec la structure, elle est la peau qui croît avec les os »
Loin de faire de l’habitat et de l’ornement les fruits de la « culture », l’artiste assigne à l’un comme à l’autre un caractère organique. Ils sont tous les deux les composantes d’un seul et même corps.
Les motifs des différents modèles de papiers peints reprennent la structure répétitive de décors islamiques. Dans ces motifs, nous voyons apparaitre des dessins d’anatomie d’organes génitaux féminins mêlés à des éléments d’organismes essentiellement végétaux. L’œuvre entrelace ainsi des références aux caractères propres de l’homme – le développement de techniques et le besoin d’expression artistique – avec des caractères communs avec les autres formes de vie. Le vagin est ainsi présenté comme la figure symbolique de la vie, de la création inhérente à la nature. Il représente également, que l’on soit homme ou femme, notre tout premier habitat, un habitat qui n’est autre qu’un corps.
Un autre thème se dessine, sous-jacent à celui de l’habitat et qui offre un nouveau développement au caractère de nécessité vitale de l’ornement, le thème de l’exil. Un papier peint s’emporte partout et permet de reconstituer, quel que soit le lieu où nous nous trouvons, le lieu confiné d’une demeure originaire. Un lieu qui n’a pas de localisation géographique mais se situe bien plutôt entre le fantasme et la réalité. L’ornement permet de renouer avec ce fantasme nécessaire à notre épanouissement. Il rappelle également le principe essentiel de la vie, la fertilité, dont les représentations végétales traduisent le caractère irrépressible.»


Théodora Domenech, 2012.
*Bâtiment réalisé par José Grases Riera pour la Société des écrivains et des éditeurs espagnols à Madrid.

Bio

Benoît Piéron est né en 1983 à Ivry-sur-Seine, France. Il fabrique des objets ou l’ornement et la poésie ne sont pas toujours aussi innocents qu’au premier abord..
Diplômé en 2007 des Beaux-arts de Paris avec les félicitations du jury, Benoît vit à Paris après plusieurs années entre la France, le Canada et l’Espagne.
En 2010, sur une proposition de Richard Deacon il participe au programme de résidence de la Fondation d’entreprise Hermès. L’année suivante il rejoint la Casa de Velazquez à Madrid.
Son travail a été exposé en France, au Canada, en Espagne, au Japon et en Corée.
Actuellement en résidence à la Galerie Fernand Léger à Ivry-sur-Seine, il prépare un nouveau corpus d’œuvres produites pour cette première exposition personnelle.





Pour voir plus du travail de Benoit Piéron :

www.benoitpieron.com