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claire chesnier

Vue de l’exposition « Fragments d’une déposition »
20/01 – 03/03 2012, Galerie du jour agnès b., Paris.
© photo : Laura Morsch

Vue de l’exposition « Filiations – dialogues avec les œuvres de la Donation Albers-Honegger »
9/12/2012 – 21/04/2013, Espace de l’Art Concret, Château de Mouans





Définition possible du travail en cours de Claire Chesnier

1 | Construire un récipient.
2 | Y mettre un liquide (de préférence de l’eau).
3 | Construire une pipelette ou compte-goutte.
4 | Prendre à l’aide de la pipelette ou du compte-goutte un peu d’encre.
5 | Laisser tomber une goutte de cette encre choisie dans le récipient.
6 | Prendre le récipient, le mettre à la lumière du jour.
7 | Regarder.

Ce n’est pas un travail d’alchimiste mais de maçon ou de moine.
Le reste lui appartient…

© Jean-Michel Alberola | novembre 2011




CCXLIX, 146,5 x 133,5 cm encre sur papier, 2013. Collection privée.




CCXLII, 141 x 131 cm, encre sur papier, 2013




CCLII, 139 x 135 cm, encre sur papier, 2013




CCXL, 134,5 x 128 cm, encre sur papier, 2013




CCXXXVI, 156 x 134 cm, encre sur papier, 2013
Note

Depuis cinq ans, Claire Chesnier obéit à une contrainte qu’elle s’est donnée : elle se contente de faire apparaître une forme colorée aux contours nets dans l’espace blanc de la feuille de papier. Par ce geste – qui est avant tout un « revoilement », un recouvrement de la surface par un voile coloré – elle entre dans un dialogue avec la fluidité de la couleur, de la « peau » épaisse et immaculée du papier, faisant de chaque coup de brosse l’instant d’une tension, entre intensité, amplitude, maîtrise et laisser aller du geste de la main et du bras. A partir de là, tout est possible, et il y a bien une dialectique qui s’installe : la présence de la forme suspendue au milieu d’une sorte de néant – telle une découpe posée sur un socle parfaitement défini – entre en contradiction, en conflit peut-être, avec ce qui se passe à l’intérieur de cette forme, jusque dans les profondeurs du tissage velouté du papier qui se gorge des encres diluées. Pour l’artiste, il s’agit là d’une mise en relation entre l’ « autorité » des bords et l’ « écoute » des infinis possibles qui se déploient à l’intérieur de cette même forme. Et c’est de cette manière que le spectateur entre dans la matière : son regard se perd dans les dégradés aquarellés ; il fait une expérience perceptive et phénoménologique de la peinture, pour reprendre le vocabulaire de Merleau-Ponty. Fidèle à la tradition minimale, Claire Chesnier cite Ellsworth Kelly ou Joseph Albers à qui elle emprunte d’une belle manière l’idée de variation, comprise comme répétition de la différence.

© Léa Bismuth, août 2012

Bio

Née en 1986, Claire Chesnier vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris où elle a également suivi un post-diplôme et prépare actuellement un doctorat à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne en Arts et Sciences de l’Art, Institut Acte CNRS.

Claire Chesnier est représentée par la Galerie du jour agnès b. (Paris). Ses peintures font partie de la Collection agnès b. (Paris) et de The CCNOA Collective Collection (Bruxelles). Elle est lauréate du Prix agnès b. 2011 des Amis des Beaux-Arts de Paris et du Prix Yishu 8 2013 (Maison des Arts de Pékin). Ses peintures ont déjà été présentées lors de plusieurs expositions personnelles et collectives: Galerie du jour agnès b. (Paris), Galerie agnès b. (Marseille), Espace de l’Art Concret (Château de Mouans), Rosenblum Collection & Friends (Paris), Salon de Montrouge, Le CentQuatre (Paris), Parcours Saint Germain (Paris), Galerie Leonardo Agosti (Sète), T-Gallery (Bratislava, Slovaquie), Note on (Berlin), The CCNOA Collective Collection, (Paris), L’Escaut (Bruxelles) [...] Actuellement en résidence à La Forge / Point Ephémère (Paris) et prochainement à la Maison des Arts de Pékin (Chine), Claire Chesnier poursuit sa recherche d’une peinture à l’ombre de l’encre.




Pour voir plus du travail de Claire Chesnier :

www.clairechesnier.com